Nous engager sur les chemins de l’avenir par Christian Maurel.

mercredi 9 juillet 2014
par  Agnès

« Cet émiettement continu qui n’altérait pas la physionomie du tout est brusquement interrompu par le lever du soleil qui, dans un éclair, dessine en une fois la forme du nouveau monde ». Hegel (Préface de la Phénoménologie de l’Esprit).

Un autre monde est possible. Il est possible parce qu’il est en marche. Comme la vie naissante, il palpite dans les plis du présent avec la force lumineuse de ces fleurs sauvages surgies des ruines abandonnées.

Le langage pour en parler est encore mal assuré tant cet interrègne entre le monde ancien qui refuse de mourir et ce nouveau qui aspire à grandir est bouleversé, incertain, chahuté par les contradictions, les conflits et les crises de toutes sortes : économiques, sociales, environnementales, politiques, culturelles…. et de civilisation.
Nous cherchons nos mots pour dire ce qui se joue et ce qui nous anime : transformation, bifurcation, transition, mutation, alternative… Certains parlent encore de « révolution », la décrivent comme « tranquille » (Bénédicte Manier), affirment possible de « changer le monde sans prendre le pouvoir » (John Holloway).
L’œuvre à accomplir est immense. Elle est comparable à celle qui attendait les Hommes au moment de la chute de l’Empire Romain. Elle est à la dimension de la complexité d’un monde globalisé où chacun est centre et où, par conséquent, il n’y a de réelle circonférence nulle part.

Ce que le tout puissant marché a fait et défait, nous devons le construire autrement, selon d’autres logiques et valeurs, dans un mouvement de conscientisation et d’émancipation qui nous libère de la résignation, augmente notre puissance d’agir et nous engage dans la transformation radicale de rapports sociaux et politiques devenus intolérables et destructeurs.

A l’opposé d’un monde où la guerre sous différentes formes est toujours et plus que jamais le paradigme du social, nous devons travailler à la réalisation d’une nouvelle humanité en l’homme jusqu’à un accomplissement encore jamais atteint et où chaque pas nous en dévoilera un peu mieux la figure.

Faire converger les initiatives, fertiliser nos désaccords, ne pas craindre le conflit, le verbaliser pour ensuite mieux coopérer, s’enrichir des nos différences pour construire du commun et une démocratie réelle qui devienne un mode de vie et ne soit plus le cache-misère élimé de pouvoirs oligarchiques. Tels sont les principes qui doivent guider nos actions, et les tâches qui nous attendent.

En quelque sorte, reprendre les choses en main, construire notre devenir et ne plus le subir, faire lever un soleil qui nous aide à écrire une page nouvelle et plus heureuse de notre histoire… « Il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant » nous dit le poète espagnol Machado. Alors, après un premier pas, osons le second. Les autres suivront.

Christian Maurel 14 juin 2014


Sites favoris


3 sites référencés dans ce secteur